Education positive et développement durable : quels liens ? (2/3)

Lors du premier article de cette série, je vous ai fait part de liens que je voyais entre éducation positive et monde professionnel. Je poursuis cette fois-ci avec le développement durable, tout en gardant un œil sur le monde professionnel.

 

Quel développement durable ?

Je précise tout de suite que j’utilise le mot développement durable presque par habitude, mais que je trouve plus riche d’associer deux autres dimensions aux trois piliers classiques : une dimension culturelle (parfois appelée quatrième pilier du développement durable) et même une dimension spirituelle, beaucoup moins souvent évoquée. Par dimension spirituelle, je veux parler de cette capacité à aborder les questions liées au sens, à l’existence et à tout ce qui dépasse les questions matérielles. Cette dimension est notamment abordée dans la description des intelligences multiples d’Howard Gardner, très utilisée pour l’éducation positive. Un développement durable compris de cette façon a tout à voir d’une part avec l’éducation de nos enfants pour qu’ils apprennent à contribuer au monde de façon coopérative et d’autre part avec le management en entreprise qui doit de plus en plus souvent intégrer le développement durable. Et quand je dis « doit intégrer », il s’agit bien d’une nécessité de survie (par rapport à la pérennité des ressources, par rapport à l’attractivité vis-à-vis de nouveaux salariés, par rapport à la cohérence vis-à-vis des clients et autres parties prenantes…) et d’une forte exigence d’intégration par tous les salariés (et pas seulement d’une direction du développement durable) de nombreux changements de comportements.

 

Intelligence coopérative

Une des pistes asseintelligence collectivez nouvelle dans ce domaine est appelée « intelligence collective ». Je viens de lire un ouvrage collectif passionnant au sujet de l’intelligence collective ou coopérative[1]. On y apprend par exemple que les champignons, non seulement utilisent les sucres créés par les arbres pendant la photosynthèse, non seulement se connectent à plusieurs arbres pour être sûrs de toujours bénéficier d’une source de sucre à tout moment, mais qu’en plus, ils sont capables de transmettre du sucre produit par un arbre à un autre arbre qui est provisoirement en déficit. Et ce comportement issu de millénaire d’apprentissage de la survie contribue à la vigueur et à la durabilité de l’ensemble des êtres vivants des forêts. Il s’agit d’un comportement de coopération, d’une intelligence collective qui peut inspirer chacun. Cette intelligence collective est certainement un des enseignements les plus aboutis de ce qu’on nomme encore l’écologie ou le développement durable. Elle nous encourage à regarder la nature comme un modèle de comportement de coopération, reconnu par les peuples racine, et de plus en plus identifié comme notre nature profonde, sous réserve que nous sachions la préserver chez nos enfants.

L’éducation positive nous emmène sur la voie d’efforts pour respecter les besoins et les dispositions naturelles de nos enfants, pour réduire l’esprit de compétition qui abaisse l’autre. Ces efforts doivent permettre de mettre en œuvre cette forme relationnelle qui se résume par « on est plus intelligent à plusieurs que tout seul ». Et cela est vrai dans nos familles aujourd’hui et demain dans les associations, dans les entreprises, dans les administrations…  Il ne s’agit pas seulement de la division du travail façon Ford ou Taylor, il ne s’agit pas seulement du travail d’équipe, si souvent vanté ces dernières années mais dans lequel chacun a son rôle et ne doit jamais en sortir. Il s’agit d’une coopération à la façon des « chevaliers de la table ronde » où, sans nier les différences et même en s’enrichissant d’elles, s’estompent peu à peu les relations du type « je sais, tu fais ».

Réseau, hiérarchie, relations horizontales…

Internet s’est toujours inspiré de cette forme de relations horizontales. Comme les jeunes adultes n’ont pas connu de monde sans cet outil, cette forme de relations devrait se répandre encore plus facilement. On trouve désormais de plus en plus de formes d’organisation très horizontales : économie du partage (Air B’nB, Blablacar), économie du recyclage (concept du « cradle to cradle »), monnaies locales, connaissances partagées (Wikipédia), et même des entreprises sans hiérarchie, appelées entreprises libérées.

Sans promouvoir un modèle ou un autre (ce qui serait un comble), nous sommes décidément dans cette transformation déjà citée à la fin du premier article de cette série. L’éducation bienveillante fait clairement partie de ce mouvement.

developpement durable


Arnaud de BOISGROLLIER
, Association Oze
www.oze-coaching.fr

www.art-de-vivre-en-famille.fr

 

 

 

 

[1] L’intelligence Collective, Co-créons en conscience le monde de demain, coll., Editions Yves Michel, 2014

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