éducateurs à l’école : quelques pistes d’inspiration

Educateurs, enseignants, parents… tous œuvrent pour accompagner la « croissance » de nos enfants. Oze s’implique de plus en plus dans les groupes de réflexion et d’action autour de l’ensemble des questions d’éducation. Ces dernières semaines, nous avons rencontré plusieurs collectifs autour des questions de l’école, en priorité pour la relation famille-école sans négliger des questions plus internes à l’école.

Un rapport et un colloque : attirer des éducateurs de talent

éducateursPar exemple, je vous fais part ici de mon sentiment à l’issue du colloque organisé début mai par Vers le Haut[1]. Ce colloque prolonge un épais rapport d’une centaine de pages consacré aux éducateurs et sous-titré « Idées et actions pour attirer les talents au service de l’éducation ».

Premiers constats, tellement partagés qu’un Conseiller d’Etat, ancien Président de la Commission pour les évolutions du métier d’enseignant en 2008, n’a pas hésité à citer les conclusions d’un rapport de 1898 (110 ans auparavant) et de dire qu’il les partageait toujours. Le plus connue de ces constats est le manque d’attraits du métier. Un exemple connu et significatif : en 2015, au concours de l’enseignement, près d’un poste sur quatre n’a pas pu être pourvu faute de candidats valables, c’est-à-dire faute d’attrait du métier.

Educateurs5 défis de taille

Je passe en revue les 5 défis posés par le rapport du collectif :

redonner du sens.

Si le collectif cite bien une proposition d’organiser un Grenelle de l’Education, comment réduire ce défi à l’organisation d’une grande messe politique, même si elle réussit à mobiliser tous les représentants des personnes concernées ? Redonner du sens, c’est démultiplier toutes les questions auprès de chacun des acteurs de l’éducation, pas seulement auprès de leurs représentants. Et aussi tracer d’emblée une vision de scolarité heureuse, à hauteur d’homme.

sortir de la gestion de masse.

Si le collectif s’attaque effectivement aux questions de management du plus grand employeur de France, comme l’autonomie des établissements, j’ai envie d’insister par un mot d’ordre, même général, qui est fondamental et qui tourne autour de la confiance dans l’individu (le prof comme l’élève…) : place aux femmes et aux hommes ! place aux talents !

plus de reconnaissance des éducateurs.

Le collectif revient bien entendu sur deux notions de base : la rémunération et le tutorat en début de carrière. Le colloque prolonge ce sujet et met en lumière une initiative, pas si anecdotique : la fête des profs. Boutade lancée en début de colloque : et si on commençait par se donner comme défi de ne critiquer ni les profs, ni l’école pendant une semaine (en famille, en entreprise, à l’école, dans les médias…) ? En effet, dans la société française, il est difficile de faire émerger une parole positive sur le métier de prof. Respect de chaque femme, chaque homme avant même le respect de la fonction.

une formation des éducateurs plus humaine.

Un point qui nous parait tellement important chez Oze. Comment imaginer transformer ce qui se passe dans les classes avec plus de bienveillance, plus de bonheur d’apprendre, plus d’envie… sans transmettre aux enseignants des compétences ? Ces compétences sont notamment celles issues des découvertes des 20 dernières années sur le fonctionnement du cerveau. Loin de moi l’idée de penser que les enseignants n’y sont pas naturellement sensibles. Loin de moi l’idée de penser également que ces dernières découvertes dispensent des enseignements de base (lire, écrire, compter, au moins une langue étrangère, culture des TIC…). Nous travaillons concrètement tous les jours à trouver ce genre d’équilibre entre autorité et bienveillance en famille ; il en va de même à l’école.

moins d’isolement, plus de partage chez les éducateurs.

Voilà un 5e défi qui me parle. La coopération de terrain est tellement riche et féconde, partout où elle est mise sérieusement en place. Il serait notamment question de présence d’un enseignant dans la classe de son collègue pour y apprendre, réciproquement, les meilleures pratiques. La relation entre collègue, et même mieux, entre hommes et femmes.

Un défi particulier : le management des équipes d’éducateurs

Je reviens enfin sur un point du rapport qui semble avoir trouvé une contradiction pendant le colloque. Il s’agit de l’autonomie des chefs d’établissement pour constituer leur équipe. Le rapport, après beaucoup d’autres, préconise cette autonomie, à l’image de celle existante pour les établissements privés. Relativisons. D’abord, en matière de gestion des équipe, l’autonomie des établissements privés se limite au moment de l’embauche. Après, ils sont confrontés au même régime que les établissements publics. Dans les faits, un enseignant qui veut rester là où il est, restera. Ensuite, c’est tout le statut des fonctionnaires qui est implicitement remis en cause par cette piste. Comment sanctionner un fonctionnaire qui n’est pas la bonne personne à la bonne place ? C’est un très vieux débat, et nombre d’administrations cherchent encore la solution.

Est-ce que les vraies solutions pratiques ne sont pas plutôt à rechercher dans deux autres voies ouvertes par le rapport et pendant le colloque : la direction d’équipe et la formation des enseignants ? Pour la direction d’équipe, deux directrices d’établissement (une dans le privé, une dans le public) ont témoigné pendant le colloque. Elles ne nous ont jamais parlé de difficultés du côté des sanctions. Et ce n’est pas seulement parce qu’elles avaient choisi de présenter le versant positif de leur quotidien. Il me semble que c’est aussi parce que la dynamique d’équipe qu’elles instaurent pallie largement aux faiblesses individuelles.

Quant à la formation, le colloque s’était ouvert sur ce retour d’expérience à large échelle. A budget équivalent, il est plus efficace d’investir dans la formation des enseignants que dans l’augmentation de leur nombre pour diminuer le nombre d’élèves par classe. Croire en l’individu et investir en lui serait plus « payant » qu’une gestion comptable. Motivant, non ?

Le défi ultime : croire en chaque éducateur et croire en sa capacité de grandir

éducateursJ’en suis là de mes réflexions : le plus important est de croire en chaque homme. Là où, souvent, nous n’osons pas aller parce qu’il s’agit de travailler avec chaque personne, parce qu’il s’agit de nous transformer dans notre manière de faire, parce qu’il s’agit de nous regarder en face, enseignants, éducateurs, parents. N’est-ce pas à cet endroit que le travail a le plus de chances de porter des fruits ? Chez Oze, nous croyons à cette piste à long terme.

[1] Ce collectif rassemble Bayard Presse, Apprentis d’Auteuil, l’Armée du Salut, Scouts Musulmans de France, Sport dans la Ville, Collège des Bernardins, Œuvre de Secours aux Enfants, et SOS Villages d’Enfants. Voir : http://verslehaut.strikingly.com

Vous pouvez également découvrir un autre article sur l’enseignement, en cliquant ici.

Arnaud de Boisgrollier

pour l’association OZE

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