Jacques Lecomte ou l’éducation humaniste

Les pistes éducatives de Jacques Lecomte

Un groupe Facebook s’intitule « les mauvais élèves ». Ils diffusent en boucle leurs mauvaises expériences et le découragement qu’elles ont produit et qui se poursuit de très longues années après leur sortie du système scolaire. Alors comment diminuer ces expériences ? Et même comment s’en débarrasser ? Est-ce raisonnable de se poser cette question ambitieuse ? Jacques Lecomte, docteur en psychologie, ancien enseignant à l’Université Paris Ouest-Nanterre La Défense (sciences de l’éducation) et à la Faculté des sciences sociales de l’Institut catholique de Paris et spécialiste de la psychologie positive, nous donne des pistes très concrètes pour y croire et passer à l’action.[1]

Des attitudes éducatives pour faire grandir le bonheur

Issu du monde universitaire, Jacques Lecomte publie des ouvrages grand public et cultive une présence active « de terrain ». Convaincu qu’il existe des façons de faire, de vivre, qui permettent de faire grandir le bien-être, pour ne pas dire le bonheur, il est intervenu par exemple devant l’Association Française des Psychologues de l’Education Nationale, pour transmettre un message : l’éducation humaniste à un impact direct mesurable… et positif.

C’est bien en universitaire qu’il analyse plusieurs situations pédagogiques qui vont dans le sens de cette conviction. Petite revue synthétique.

L’apprentissage coopératif

L’apprentissage coopératif met les élèves en situation de travail en groupe, de telle sorte que chaque membre du groupe soit indispensable au groupe. Comme ce n’est pas un sujet « révolutionnaire », une étude de 2000 rassemble elle-même les résultats de 164 études antérieures. Cette vue globale conforte alors des résultats particulièrement positifs tant sur le plan personnel (estime de soi), sur le plan scolaire (complexité du raisonnement, créativité, appréciation de l’enseignant) et sur les plans relationnel et social (appréciation réciproque, intégration des différences, baisse des incivilités et de la violence…). Au vu de l’ancienneté et de la convergence de ces résultats, certains s’impatientent en attendant la généralisation (ou l’officialisation concrète) de cette approche.

Le tutorat par les pairs

Très proche de la situation précédente, il s’agit ici de donner un rôle d’accompagnant individuel à un élève maîtrisant une notion vers un autre élève la maîtrisant moins bien. Sous réserve d’un véritable accompagnement du « tuteur » par un enseignant formé, non seulement la confiance de l’élève tutoré augmente, mais en plus, l’élève tuteur développe des capacités dont certains n’avaient pas du tout conscience. Irremplaçable.

La philosophie avec les enfants

Rappelons tout d’abord que philosopher avec des enfants n’a rien à voir avec un cours de philosophie en lycée. Il s’agit plus de développer les capacités des élèves à penser par eux-mêmes. Et les bénéfices de cette approche dépassent bien souvent l’objectif initial : raisonnement logique, lecture, mathématiques, estime de soi, aptitude à l’apprentissage, langage, pensée créative, compétences cognitives  et intelligence émotionnelle, toutes ces aptitudes se développent.

Là aussi la généralisation butte sur ce que Jacques Lecomte appelle des « croyances pédagogiques ».

Les rapports entre l’enseignant et l’élève

Au-delà de ce que tout un chacun pourrait définir comme le « bon enseignant », à la lumière de la recherche plusieurs qualités / compétences professionnelles se dégagent comme particulièrement efficaces dans la relation enseignant / élève jusqu’à en établir une hiérarchie, positive, qui commence par : « la non-directivité, l’empathie, la chaleur (humaine), l’encouragement à une pensée d’ordre supérieur, l’encouragement à l’apprentissage, l’adaptation aux différences, l’authenticité, les croyances (positives) centrées sur l’apprenant. » Malgré le vocabulaire universitaire, je ne suis pas loin d’y voir le portrait de l’instituteur parfait, et peut-être mythique, tel que je peux l’avoir en tête. Là où le message de Jacques Lecomte devient extrêmement tentant, c’est qu’il affirme que des programmes de formation d’enseignants ont réussi à faire suffisamment évoluer les pratiques pour obtenir effectivement des résultats mesurables dans des domaines variés : échelle de compétences des élèves, taux d’absentéisme, nombre de bagarres, pourcentage de démission dans l’établissement… En filigrane, on comprend que la motivation des élèves, graal de tout enseignant, est réellement encouragée par ces approches.

L’apprentissage de l’intelligence émotionnelle ou relationnelle

Jacques Lecomte se fait l’écho des recherches de Daniel Favre sur la lutte contre la violence dans les établissements. Ces recherches ont trouvé une application concrète pendant laquelle, anecdotiquement ou plutôt symboliquement, le chercheur répond à un jeune adolescent : « c’est cela la vulnérabilité : avoir besoin de cacher aux autres son ressenti, ses émotions, son regard. Dans cet atelier, tu pourras justement apprendre à te sentir plus fort et après, tu pourras (…) me dire [cela] en me regardant dans les yeux. » L’adolescent en question, premier opposant initialement, est devenu ensuite le premier participant de l’atelier proposant une sorte « d’alphabétisation émotionnelle ».

Loin de je ne sais quelle incompétence a priori du système scolaire ou de tel ou tel de ses représentants, et loin également de tout angélisme (ou même de l’image d’angélisme que pourrait donner la psychologie positive), Jacques Lecomte, en digne universitaire, nous délivre un message argumenté et éminemment motivant. Ce qui est presque la moindre des choses quand on aborde la motivation à apprendre !

J’ai surtout envie de lui dire « merci »… et de vous encourager à découvrir son message, en matière d’enseignement et dans bien d’autres domaines. Il a écrit un livre intitulé « donner un sens à sa vie ». Je crois bien que je vais le mettre sur ma liste de Noël !!

Arnaud de Boisgrollier pour l’association OZE

www.art-de-vivre-en-famille.fr

[1] Cf. L’Education Humaniste in Actes du 21e congrès national de l’Association Française des Psychologues de l’Education Nationale, 2009, pp.13-25

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