Comment gérer les écrans en présence de nos enfants ?

Qu’on le veuille ou non, les écrans sont désormais omniprésents et indispensables à notre société. Ordinateurs, smartphones, télévisions, etc… rythment notre quotidien. Mais finalement, en quoi est-ce un problème ? Pourquoi faudrait-il en protéger nos enfants ? Quelle conduite adopter ? Quelles règles établir et surtout comment les faire appliquer ?  

Les écrans : un réel danger ?

Les écrans font désormais partie intégrante de notre société. Aujourd’hui, poursuivre une scolarité épanouie et réussie sans ordinateur relève de l’impossible. Dès la maternelle, c’est un outil parfois utilisé en classe. Dès le collège, nombre d’exercices, cours et informations en tous genres sont accessibles via le site de l’établissement. 

écransIl ne s’agit donc pas de nager à contre-courant, d’exclure nos enfants du monde dans lequel nous vivons, mais de leur transmettre la bonne attitude. Ainsi, on leur évitera pièges, écueils, abus et les protégeant contre les dangers, réels, d’une surexposition.

Accoutumance, détérioration des relations humaines, prise de poids, imagination et créativité défaillantes, troubles du langage et du comportement, agitation, agressivité, violence, décrochage scolaire… la liste des dangers potentiels est longue. 

Du bébé, téléspectateur passif, qui ne répond pas à son prénom, à l’ado enfermé dans l’univers virtuel et amoral de Fortnite, il n’y a qu’un pas. À moins de garder à l’esprit que les écrans restent – et doivent rester – des outils du quotidien. On doit les utiliser avec parcimonie ou du moins, avec mesure, dans un cadre préalablement défini. 

Donner l’exemple

Je ne vous apprendrai rien en écrivant que les enfants sont de formidables imitateurs. 

Aussi, nos « adorés » reproduisent dès le plus jeune âge nos gestuelles et attitudes, comme celle de porter sa main à l’oreille pour prendre un appel par exemple. Et ce avant même de posséder un smartphone. 

D’où l’importance de s’imposer tout d’abord une discipline personnelle… avant de chercher à en instaurer une collective. 

Vous sortez Bébé en poussette et comptez en profiter pour appeler votre mère, votre meilleure amie et la pharmacie. Oubliez et profitez de l’instant présent : le ciel est bleu (ou gris), les oiseaux chantent, vous vous détendez et… Bébé, visiblement heureux, vous sourit ! 

En vous efforçant de vous « couper » des nouvelles technologies en présence de vos enfants, vous montrez l’exemple et contribuez déjà à leur éducation face aux écrans. 

Votre téléphone sonne : soyez fort(e). Ayez le courage et la volonté de dire « non, pas maintenant, c’est un moment de partage avec mon fils / ma fille » !

Alors que votre ado s’installe enfin à table pour dîner, une notification de SMS se fait entendre : sûrement votre collègue qui confirme l’horaire de la réunion de demain matin… 

N’y prêtez même pas attention : votre crédibilité, le bien-fondé et la réussite de votre éducation en dépendent. Ou mieux, habituez-vous à éteindre votre téléphone, sinon abandonnez-le à l’étage ou dans un placard à l’heure des repas ou des jeux. 

Les temps d’écrans

A ce jour, aucune donnée officielle n’a encore été publiée, quant aux temps d’écran recommandés. Cependant, les Académies nationales de Médecine, de Sciences et de Technologies appellent à une « vigilance positive » vis-à-vis des écrans. En d’autres termes : pas d’interdiction, mais une surveillance attentive des contenus et temps de visionnage :

  • moins de 3 ans : mieux vaut ne pas le laisser seul devant un écran, quel qu’il soit, encore moins pour le calmer, 
  • entre 3 et 10 ans : la tranche d’âge idéale pour apprendre à l’enfant à s’auto-réguler, en fixant une durée limite d’utilisation, 
  • après 10 ans : les écrans nuisent à l’endormissement, d’où un nombre croissant et inquiétant d’enfants souffrant d’insomnies ! Aussi, bannissez les écrans dans les chambres (qui plus est celle des enfants) et soyez particulièrement vigilants aux signes de fatigue, troubles du sommeil, à l’isolement et / ou au fléchissement des résultats scolaires,
  • à tout âge : il revient aux parents de montrer comment faire, en commençant par modérer eux-mêmes leur temps d’écran et en oubliant autant que possible leur smartphone en présence de leurs enfants.  

Règle des 3-6-9-12

Par ailleurs, la règle des « 3-6-9-12 » de Serge Tisseron, spécialiste du sujet (psychiatre, docteur en psychologie habilité à diriger des recherches et membre de l’Académie des Technologies), propose un cadre simple à retenir :

  • Télé : pas avant 3 ans, 
  • Console de Jeux : pas avant 6 ans, 
  • Internet seul : pas avant 9 ans, 
  • Réseaux Sociaux : pas avant 12 ans. 

Les temps d’écran varieront ensuite suivant les âges de leurs utilisateurs et le bon sens des parents. Combien d’heures par jour / semaine, quels programmes, sous quelles conditions : après avoir fait ses devoirs, jamais avant d’aller se coucher…

Quoi qu’il en soit, les pédopsychiatres et psychologues s’accordent à dire que :

– La définition des règles devra anticiper l’usage (du premier smartphone, par exemple).

– Lesdites règles seront présentées lors d’un « Conseil de Famille ». L’instant sera favorable à l’écoute, le lieu sera propice à l’échange, les remarques et questions diverses seront une opportunité d’appropriation…

– Elles seront partagées et respectées par tous les membres de la famille. Chaque soir, à heure fixe, parents et enfants déposeront par exemple leur smartphone dans une boîte prévue à cet effet, ou encore sur la table du petit-déjeuner dressée pour le lendemain. 

– Si des temps d’écran (par support ou au global) sont fixés, de minuteurs la famille pourra s’équiper (astuce testée et approuvée)…

Quelques outils existants sur le marché :
– sur iPhone : support.apple.com/…HT208982
– sur Windows : support.microsoft.com/fr-fr/…screen-time-limits-for-your-child
– les noms de quelques applications à rechercher : BreakFree / Space, UnGlue, AppDetox, bSocial, Flipd, et beaucoup d’autres…

Anticiper et/ou gérer les crises liées aux écrans

Seul, l’enfant ne peut pas se détourner d’un écran. Télé, tablette, smartphone… sont addictifs. Plus nos bambins passent du temps devant et plus ils les réclament. 

Certains vont même jusqu’à ressentir le syndrome de manque : agitation, agressivité, irrépressible envie de crier, violence contre soi ou les siens…

Pour se construire et devenir un être sociable, l’enfant doit apprendre la frustration. Or, cadrer son accès aux écrans y participe. 

Installer une session par utilisateur et prévoir des codes d’accès fiables (sortis des prénoms de la famille, ou encore des dates de naissance…) est une idée. Par ailleurs, il est recommandé d’installer le Contrôle Parental (Panneau de Configuration / Contrôle Parental). 

Se déconnecter sera d’autant plus simple à accepter que l’adulte référent saura faire diversion et proposera une nouvelle activité dans la foulée. 

« Mon chéri, tu éteins ta console… Je t’attends pour faire sauter les crêpes ! ».

Sinon « J’ai une bonne nouvelle : tu as reçu ton Science et Vie Junior… ».

Ou encore «  Alors, on la dispute cette partie d’échecs ? ».

Multiplier les moments de partage (sans écrans)

La dépendance repose sur le principe du « circuit de la récompense ». Le cerveau se laissera toujours tenter par la source de plaisir la plus évidente. 

Les écrans procurant un plaisir on ne peut plus simple et immédiat, leur attractivité est addictive. 

D’où la nécessité pour se déconnecter d’identifier les activités durant lesquelles il ne nous vient pas à l’esprit de consulter nos messages.

Il en est de même pour nos chérubins. Sport, Musique, Jardinage, Sorties Nature ou Culturelles, Ateliers Créatifs… accompagnez-les, faites ensemble et soulignez le côté agréable de ces instants de complicité. 

L’idée est bel et bien de montrer à l’enfant comment se faire plaisir autrement, sans écran. Ainsi on pourra l’amener progressivement à s’autonomiser, à adopter des réflexes sains, au cas où l’ennui pointerait le bout de son nez. 

Ouvrages et recommandations

L’ouvrage « Les Outils du Petit Décodeur : Gestion du Temps d’Ecran » de Anne-Claire Kleindienst et Lynda Corazza aidera votre tribu à bien doser ses temps d’écran.  Il l’encouragera aussi à s’investir dans de « vrais » loisirs, une fois le temps d’écran défini épuisé. Inclus dans le coffret : 1 livret explicatif, 21 magnets, 1 semainier et 1 roue des alternatives à manipuler et faire évoluer.

Par ailleurs, je vous recommande : « Les Ecrans : Mode d’Emploi pour une Utilisation Raisonnée en Famille » du Docteur Sylvie Dieu Osika. Je vous recommande également « 3-6-9-12 Apprivoiser les Ecrans et Grandir », ainsi que le « Guide de Survie pour Accrocs aux Ecrans… ou Comment Garder ton Ordi et tes Parents » de Serge Tisseron. Il existe encore le « Petit Décodeur Illustré de l’Ado en Crise » d’Anne-Claire Kleindienst et Lynda Corazza.

Loin de moi l’intention de diaboliser les écrans, ou de culpabiliser quant à leur utilisation. Juste celle de sensibiliser aux réels dangers en cas de surexposition, et pour cette raison, encourager à en contrôler et limiter l’accès, proposer des pistes de réflexion. Et pourquoi pas, soyons fous : des solutions. Et si le secret résidait dans le simple fait de se retrouver, partager et apprécier d’être (vraiment) ensemble, pour éprouver le besoin de se déconnecter ? A bon entendeur, les vacances arrivent à point nommé…

Magalie Rocher pour l’association Oze

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